dimanche 20 juillet 2014

La fraîcheur du lin

Quand il fait chaud en été; quoi de plus agréable que de dormir entre des draps anciens en lin? Et le jour, porter une ancienne chemise de nuit en guise de robe, trouvée sur une brocante et teinte maison?

Il est certes difficile de broder ou tricoter  quand les journées sont chaudes  et les mains moites. Là également, je troque toutes les autres matières contre le lin !  Saviez-vous que  le fil de lin est couramment utilisé dans la broderie traditionnelle suédoise ? En effet, on  cultivait le lin aussi loin dans le nord que la province de Hälsingland, (quelque 300 kilomètres au nord de Stockholm) qui en a fait sa richesse.

Mais le pays du lin par excellence, c’est certainement la Lituanie : on y trouve du lin au mètre, des vêtements, et des châles légers de toutes les couleurs ! A Vilnius, il y a un  magasin de tricot fort sympa avec des fils  en lin. La propriétaire, Sonata,  m’a gentiment fait des tas de petites bobines pour  mes mini-grannies. C’est un fil très agréable à crocheter (ou à tricoter) pour les projets plus grands aussi – voici  le début d’un gilet. Si vous allez à Vilnius, vous trouverez le magasin de Sonata facilement, en face de la magnifique synagogue.

Si toutefois vous préférez  acheter vos fils de chez vous, allez  sur le site de Midwinter Yarns, spécialisé  dans les fils d’Europe septentrionale !









Hot summer, cool linen

What is nicer than to slide in between cool antique linen sheets when the summer is hot?  Or to wear , as a dress, an antique linen nightgown, also found at a French brocante and dyed at home?
It certainly is difficult to embroider or knit when the days are warm and hands get moist. Here too, I trade all other fibres for linen. Did you know that linen embroidery yarn was a staple of Swedish traditional embroidery? And that flax  used to be grown as far north as the province of Hälsingland  (some 300 kilometres north of Stockholm), a crop to which that region owed its prosperity?
However, the country  for linen par excellence is Lithuania. You can buy linen fabric off the bolt there, as well as garments and feather light shawls in every colour.  In Vilnius there is a most friendly knitting shop where you will find linen yarn. The owner, Sonata,   patiently wound up dozens of small balls for my mini granny squares.  It’s a lovely yarn to work with, also for larger projects such as this beginning of a jacket.  If you go to Vilnius, you will find Sonata’s shop easily, opposite the magnificent synagogue.


If, however, you prefer to shop your yarns from home, go to the Midwinter Yarns site! It is your specialist in yarns from northern Europe!

samedi 7 juin 2014

Bella Italia

L’Italie a été une destination touristique depuis bien de temps, mais c’est dans les années 1950 qu’on vit affluer un tourisme de masse. Ces touristes, des européens pour la plupart qui profitaient des « trente glorieuses », pouvaient emporter comme souvenirs des textiles aux motifs italiens – des foulards imprimés avec les monuments de Venise ou les îles du Lac Majeur, des torchons  avec les jours de la semaine d’une signora italiana, ou avec des cartes montrant des spécialités régionales.  Les motifs italiens figuraient également sur des tissus produits dans d’autres pays, comme ce coton anglais aux motifs de gondoles et autres.
Quoi de plus naturel que de me confectionner des sacs dans ces tissus pour emporter mes livres au cours d’italien ?










Italy has been a tourist destination for quite some time, but in the 1950s it was hit by mass tourism, mainly Europeans enjoying post-war prosperity. Among the souvenirs they could bring home there were textiles printed with Italian motifs: scarves with the monuments of Venice or the islands of Lago Maggiore, tea towels with the days of the week of an Italian signora, or maps with regional specialities. Italian motifs also appeared oh fabrics printed in other countries, for instance gondolas on this English furnishing cotton.

What more obvious than to make myself tote bags out of such fabrics for my Italian course books?




dimanche 27 avril 2014

“And she feeds you tea and oranges that come all the way from China….” (Suzanne, de Leonard Cohen)
 
Sur une brocante provençale je suis tombée sur des cotons chinois dont les motifs et les couleurs me rappelaient mes deux thermos de la même origine. J’ai craqué pour ces couleurs vives et les chatons, les poisons  rouges et  les soleils couchants sur les pagodes. Les tissus  datent des années 50 ; mais  autrement je ne sais pas grand’ chose sur eux. Peut-être quelqu’un pourrait m’en dire plus ?











At a market in Provence last summer, I found some Chinese cotton fabric; the colours and patterns reminded me of the two thermos flask of the same origin I had at home. I feel for the lively colours and for the kitschy kittens, goldfish and sunsets above the pagodas. I was informed that the fabrics date from the 1950s, but apart from that I don’t know more, so maybe somebody could tell me?

lundi 10 mars 2014

Les fleurs moldaves

Il y a quelques années, j’ai découvert les kilims moldaves ;  c’était au Grand Bazar d’Istanbul. J’ai été frappé par les motifs floraux, très grands, aux couleurs vives.  Voici  ­- en haut des photos  - le kilim que j’ai alors rapporté.

L’automne dernier, une amie m’a proposé de l’accompagner en Moldavie, et j’ai tout de suite pensé aux kilims ! Peut-être que j’allais y  en voir d’autres ! J’ai eu une chance énorme : pendant notre séjour c’était la fête de la ville à Chişinau.  Le long de l’avenue principale, on avait érigé des kiosques qui vendaient  de l’artisanat et  des friandises, et ces kiosques étaient décorés de kilims ! En voici juste quelques uns!
Nos hôtes, qui travaillaient au Musée Ethnographique de la ville (encore une chance pour moi!) m’ont expliqué que ces kilims coloriés étaient une évolution du 19e siècle. Avant, les motifs étaient plus simples et les couleurs  plus atténuées.  Je crois qu’il y a eu une influence de la broderie  au petit point telle qu’elle s’est développée  à l’époque , avec les couleurs vives grâce aux teintes synthétiques, et les motifs qui rappellent les roses et les lilas des chromos.

Bien sûr, j’ai voulu acheter un kilim et on m’a donné une adresse, avec des kilims neufs et anciens. Il  y avait beaucoup de kilims floraux anciens dans le même style qu’à la kermesse de la ville, mais… ils étaient tous énormes ! Tout de même, la vendeuse a sorti un kilim plus petit avec un motif adorable , et celui est rentré avec moi !













Moldavian flowers

A few years ago I discovered Moldavian kelims; it was at the Grand Bazar in Istanbul. I was struck by their large floral motifs in vivid colours. The top one is the kelim I brought home at that time.

Last autumn a friend of mine suggested I go with her to Moldova. I immediately thought about kelims! Maybe I would see some more there! It turned out I was very lucky: during our stay, the capital Chişinau celebrated its holiday. Along the main avenue there were stalls selling crafts and snacks, and nearly all were decorated in kelims! Here are just a few.

Our hostesses, who worked at the Ethnographic Museum (lucky again!) told me that those colourful kelims were  a nineteenth century novelty. Earlier kelims had simpler designs and more subdued colours. I think that there must have been an influence of  Berlin woolwork as it developed at the time with its vivid colours due to synthetic dyes, and  florals such as roses and lilies as also seen on Victorian scraps.


Of course, I wanted to buy a kelim and I was directed to a shop with both old and new kelims. There was quite a choice of old floral kelims such as I had seen at the festival but… they were all enormous! However, the seller brought out a smaller kelim which, although not a floral one, was so sweet it came back with me!

lundi 20 janvier 2014

Dans les étoiles

L’automne dernier, j’ai acheté un crazy quilt ancien américain, non seulement pour le plaisir de pouvoir le regarder chez moi à ma guise, mais également parce que sa multitude de points et de motifs pourrait me servir de modèle dans ma propre créativité.

Pour commencer, j’ai reproduit ce bloc avec la lune et les étoiles sur un étui à aiguilles à tricoter ! Ce cadeau de Noël  fût très apprécié, comme vous pouvez le voir ici.

J’ai utilisé de la laine au lieu du velours pour la lune, et j’ai brodé les étoiles avec de la laine changeante squeakyelliot.

Voici également un motif inspiré  de la broderie  traditionelle scanienne et  d’une idée de Segolaine Schweitzer, que j’ai récemment brodé avec cette même laine :

Mes meilleurs voeux d’une bonne continuation de l’année 2014 !






Stargazing
 Last autumn I bought an American crazy quilt. Not only because I wanted to enjoy it at leisure at home, but also because it had so many different stitches and motifs that I felt I wanted to use in my own creativity.
For a start, I reproduced this block with the moon and the starts on a  knitting needle case which was much appreciated, as you may read here.

I used wool fabric instead of velvet for the moon, and I embroidered the stars in  squeaky elliot variegated yarn.

Here is also a motif inspired by traditional Scanian embroidery and by an idea from Segolaine Schweitzer, which I recently embroidered using that yarn.

I hope that 2014 has started well for you, and will continue to be good year!



jeudi 12 décembre 2013

Tänd dina vita ljus…  (Allume tes blanches bougies)



Une coutume bien particulière peut s’observer en Suède le 13 décembre. C’est le jour de la Sainte Lucie, et dans les écoles, les hôpitaux et ailleurs  on peut voir une procession de filles en longues chemises blanches. Elles suivent une fille qui porte sur sa tête des bougies allumées fixées dans une couronne décorée avec du buis.  On dit que sainte Lucie (car c’est elle que la fille avec les bougies incarne) est venue de sa Sicile natale apporter la lumière dans les pays du Nord (ils en ont bien besoin, car en décembre, il  ne fait jour que quelques heures !). Le cortège chante un cantique qui salue Lucie et l’invite à « allumer ses blanches bougies » dans la nuit nordique.
Au fait, ce cantique n’est autre qu’une chanson populaire napolitaine « Barchetta mia, Santa Lucia », mais à peine reconnaissable et beaucoup plus jolie (ceci d’après des amis italiens) avec cet arrangement solennel au lieu de la mandoline !




Et la sainte Lucie elle-même, est-elle vraiment venue de Sicile ? Certes, il y avait une sainte là-bas de ce nom ; mais cette figure avec la couronne de bougies serait plutôt inspirée du Christkindl –  le Petit Jésus en allemand, qui apporte les cadeaux de Noël
.







En Alsace, par exemple,  pendant le mois de décembre, les enfants font des cortèges et l’un d’eux est vêtu d’une chemise blanche et porte une couronne avec des bougies sur la tête. 



Au fait, la Sainte Lucie n’est vraiment  devenue une tradition nationale suédoise qu’il y a à peine un siècle !




La Lucie est accompagnée donc de ses demoiselles d’honneur, ainsi que de garçons, également en chemise blanche avec des cornets sur la tête et portant une étoile dorée à la main.  Eux aussi ont des collègues autre part en Europe – regardons ces « kolędnicy », ces messieurs qui en Europe de l’Est  font le tour du village en chantant des cantiques de Noël!







Nous voyons donc  qu’une coutume qui semble unique dans un pays  est en vérité bien ancrée dans une tradition européenne plus large.

Et comme il n’y a pas de fête sans spécialité gastronomique, voici des Lussekatter ,« des chats de la Sainte Lucie » ; ce sont des brioches parfumées au safran, à déguster avec votre café du matin en attendant la lumière !



(dernière photo: squeaky elliot)



Tänd dina vita ljus…  (Light your white candles)



On 13 December, you may witness quite a particular custom in Sweden. It is Saint Lucia Day, and in schools, hospitals and other places there are processions of girls in long white robes.  The procession is led by a girl who wears on her head a circle of lit candles set in a crown of green box branches. It is said that Saint Lucia (for it is her who the girl with the candle represents) came from her native Sicily in order to bring the light to the Northern countries (and they need it too, as the December days are extremely short!). The procession sings a hymn, greeting Saint Lucia and imploring her to “light her white candles” in the middle of the Nordic night.
Actually, this hymn is nothing else than a popular mandolin-accompanied Neapolitan song « Barchetta mia, Santa Lucia », though hardly recognisable and much more beautiful (this according to Italian friends!) in this solemn arrangement:




And what about Saint Lucia, did she really arrive from Sicily?  Well, there was really a saint of that name there, yet the figure with the candles on her head is more probably inspired by Christkindl – Little Jesus in German, who brings the Christmas gifts (see drawing above). In Alsace for instance, during December, children make processions and one of them is dressed in a long white shirt and wears a crown with candles. Actually, Saint Lucia did not become a national tradition in Sweden until the 1920s!





Lucia is accompanied by her maids of honour, and also by boys, also wearing long white shirts as well as cone-shaped hats. In their hands, they carry staffs with golden stars. They too have their counterparts elsewhere in Europe. Let’s look at these « kolędnicy », carol singers in eastern Europe touring villages!
We thus see that a custom that seems unique in one country is, in fact, well rooted in a broader European tradition.




And as most holidays have their gastronomic speciality, here are Lussekatter « Saint Lucia cats », saffron buns to be eaten with your morning coffee while you wait for the light!



 (last picture: courtesy of squeaky elliot)



vendredi 22 novembre 2013

Récupération à la suèdoise

Ǻsa Wettre, la grande spécialiste des quilts suédois, vient de sortir son deuxième  livre sur ce sujet ; le titre, « Traces de vies » en français, reflète sa préoccupation par les histoires des créatrices de ces patchworks datant en général de la fin du dix-neuvième siècle jusqu’aux années 30 du vingtième. Et quelles histoires ! Elles parlent de la misère des familles nombreuses, de la vie dure des paysans, des enfants qui ont dû commencer à travailler très tôt, et des habitations exigües et insalubres. Et tout de même, dans ces conditions-là, des femmes ont créé des ouvrages d’une grande beauté, en récupérant chaque morceau de tissu. Les tissus utilisés étaient des chutes ou des morceaux de vêtements  trop usés, et également, des échantillons des couturières. Ainsi les quilts suédois contiennent-ils une multitude de tissus, de laine, de coton, de lin.  
A mon avis, cette économie est  probablement la raison pour laquelle le modèle « log cabin » soit si fréquent : il permet d’utiliser le plus petit morceau de tissu (ce serait donc une raison pratique et non le fait que le nom « cabane de bois » serait proche du cœur suédois !).  Il y a aussi de nombreux quilts avec des carrés ou des rectangles, et des modèles inspirés des revues américaines que les familles émigrées envoyaient au pays.  Mais il y a aussi ce dernier quilt qui ne ressemble à aucun autre avec ses carrés un peu de travers  - ne serait-ce pas une « Dear Jane » suédoise ?

Je ne sais pas  si ce livre sera traduit vers d’autres langues. Même si on ne connaît pas le suédois, il vaut peut-être la peine d’être acheté pour les belles photos. Je me permets  de recommander une librairie dont les frais de port vers l’étranger sont  assez bas :

 Ǻsa Wettre: Spǻr av liv, Kabusa böcker 2013

 











Swedish thrift

The great specialist of Swedish quilts, Ǻsa Wettre, has just published her second book on the subject, entitled, in English translation, ‘Traces of Lives’, which reflects her focus on the stories of the makers of quilts generally made between the second half of the nineteenth century and up to the 1930s. And what stories they are! They tell of the poverty of large families, of harsh life in villages and forests, of children sent out to work early in their lives, and of cramped and insalubrious housing. And yet, under such conditions, women created beautiful patchwork quilts, by re-using every piece of fabric. The fabrics in these quilts are scraps or worn-out clothes, or sometimes, dressmakers’ samples. For that reason, Swedish quilts contain a multitude of fabrics of wool, cotton or linen.
I think that this thrift, rather than the poetic appeal of the name to the Swedish soul, was the reason behind the popularity of the Log Cabin pattern, since it makes use of the smallest scrap of fabric.  We also find many quilts with squares or rectangles, as well as some inspired by patterns in American magazines that relatives who had emigrated sent home. There is also this last quilt with its crooked blocks, quite one of a kind – maybe a Swedish “Dear Jane”?

I do not know if there are plans to translate this book into other languages, but it might be worth getting it just for the pictures! I take the freedom of recommending this online bookshop which has rather low shipping charges to other countries: slojdmagasinet

Ǻsa Wettre: Spǻr av liv, Kabusa böcker 2013