jeudi 9 mars 2017

Les gilets de Szczawnica

Au Festival folklorique de Cracovie, j’ai vu ce monsieur portant un gilet bleu royal, richement brodé. Il faisait peut-être partie d’un groupe de danse. J’ai appris que c’était le costume du village de Szczawnica au sud de la Pologne, dont la principale attraction est la descente en radeau le long du fleuve Dunajec. Comme ailleurs dans les régions montagneuses polonaises (Zakopane par exemple), les hommes portent volontiers leur costume régional pour faire plaisir aux touristes. Plus il y a de broderies, plus le propriétaire paraît riche !



Malheureusement, on ne peut pas acheter ces gilets autre part qu’a village de Szczawnica, même pas à Cracovie avec son festival folklorique et ses maintes boutiques des produits artisanaux. Mais un jour… j’ai vu ce gilet dans une boutique aux Puces de Saint Ouen à Paris ! En regardant de plus près, j’ai vu qu’il avait des pinces , c’était donc un vêtement pour femme adapté d’un costume traditionnel. L’étiquette à l’intérieur me le confirmait : la coopérative artisanale Cepelia avait dans les années 1970-1980 une section nommée « Moda i Styl » qui essayait de vendre aux Polonaises des vêtements basés sur leurs costumes régionaux, et ainsi détourner leur attention de la mode occidentale, coûteuse et souvent inatteignable. Je ne pense pas qu’ils aient eu beaucoup de succès avec cette idée-là. C’étaient plutôt les visiteuses d’Europe occidentale qui en étaient les clientes, pour rapporter une touche originale à leur garde-robe. Une Parisienne avait peut-être acheté ce gilet-là lors d’un voyage en Pologne, et après des années, il a continué son chemin. Malheureusement trop petit pour que je le porte, mais quel modèle pour les broderies !






Waistcoats from Szczawnica
While visiting the Cracow Folklore Festival, I spotted a man wearing a richly embroidered royal blue waistcoat. He might have belonged to a dance ensemble. I learned that this was the costume of the village of Szczawnica in southern Poland. The main attraction there is the trip down the river Dunajec on rafts. The men in charge of the rafts usually wear their regional costume – the more embroidered it is, the richer the wearer. As in other  mountain districts in Poland (Zakopane for instance), men are keen to wear their traditional costume in order to impress the tourists.



Unfortunately, you cannot buy these waistcoats outside the village of Szczawnica, not even in Cracow with its Folklore Festival, nor in its many handicraft shops. But one day…. I saw this waistcoat in a second-hand shop at the Paris flea market of Saint Ouen.  When looking closer, I noticed that it had darts – it was a woman’s waistcoat adapted from a regional costume. The label inside confirmed this: the handicraft cooperative Cepelia ran, in the years 1970-1980, a section called “Moda i Styl”, which endeavoured to sell to Polish women clothes based on their regional costumes and thus draw their attention away from Western fashion which was expensive and often unattainable. I do not think their idea was very successful; it was rather women visitors from western Europe who were their customers, thus adding an original touch to their wardrobe. Perhaps a Parisian girl bought this waistcoat when traveling in Poland. After some years, the waistcoat moved on. Unfortunately, it is too tight for me to wear, but what an inspiration for embroideries to come!



mardi 28 février 2017

Inspirée par le village fleuri

L’été dernier, je vous ai parlé d’un village en Pologne nommé Zalipie, où toutes les maisons sont peintes en fleurs. La plupart des décorations sont polychromes, mais il arrive également qu’on utilise seulement du blanc ou du gris, en souvenir des premières années de cette mode, quand les habitantes du village n’avaient à leur disposition que de la suie diluée dans du lait, ou de la chaux.
Voici une niche de chien qui a inspiré cette broderie en laines blanche et gris clair. Le tissu de la jupe et un tweed tissé à la main au Pays de Galles.








Inspiration from the village in bloom

Last summer I told you about my visit to Zalipie, a village in southern Poland where all the houses are decorated with floral motifs. Most of these painted flowers are multi-coloured, but sometimes only white or grey is used, as a nod to the beginnings of this trend, when the inhabitants only had at their disposal soot diluted with milk, or lime.
Here is a kennel which was the inspiration for this embroidery in white and light grey wool. The fabric from which the skirt is made is a hand-woven Welsh tweed.

dimanche 29 janvier 2017

Ceci n’est pas une  broderie russe (2)


Voici une autre série de motifs - ni broderie, ni russe - sur lesquels je suis tombée en faisant des recherches de « broderie russe » sur certains sites. S’il vous semble les avoir vus récemment, c’est parce que Marie Claire Idées les avaient inclus sous leur thème de « Noël russe ».
En fait, il s’agit de découpages polonais, WYCINANKI, faits avec de gros ciseaux dans du papier glacé, un ornement traditionnel de la région de Łowicz. Les motifs sont surtout des fleurs et des coqs, ainsi que des scènes de la vie champêtre. On les trouve, collés sur du carton et encadrés, dans des magasins d’artisanat populaire en Pologne ; il y en avait aussi une belle collection dans le regretté Musée d’arts et traditions populaires à Paris.


Ces dernières années, ces découpages sont sortis de leurs cadres et ont été reproduits sur des serviettes, des bloc-notes, comme porte-clés en matière plastique, comme des rubans et, curieusement, sur cette robe  d’une marque anglaise ; et même sur la queue d’un appareil de British Airways.  Il y a aussi une prolifération de cabochons avec ces motifs, en voici un monté en collier que j’ai acheté à Royan l’été dernier.












This is not Russian embroidery (2)


Here’s another series of motifs that I found when searching “Russian embroidery” on certain sites – neither Russian, nor embroidery. You might have seen them recently if you read Marie Claire Idées, where they appeared under the heading “Russian Christmas”.

Actually, these are Polish cut-outs called WYCINANKI. The motifs are cut out  in glossy coloured paper using coarse scissors. They are part of the many colourful traditions of the region of Łowicz. The most frequent motifs are flowers and roosters, as well as  scenes of country life. You can find them, glued to cardboard and framed, in most souvenir shops all over Poland.


In recent years, these motifs have stepped out of their frames. They have been reproduced on paper napkins, note-pads, in plastic as keyrings, on ribbons and curiously, as  a print on this dress by an English brand (White Stuff), and even on the tail of a British Airways airplane. There are also numerous cabochons with these motifs, such as one made up as a necklace which I bought last summer in the French seaside resort of Royan.


vendredi 20 janvier 2017

Ceci n’est pas une broderie russe (1)



En faisant des recherches  sur « broderie russe » sur certains sites, je suis tombée sur des objets qui sûrement ne le sont pas. En voici un exemple : le DALAHÄST, le cheval en bois qui provient de la province suédoise de Dalécarlie et qui et pour la Suède ce que la Tour Eiffel est pour la France ! Le dalahäst était à l’origine un jouet d’enfant (comme d’autres chevaux en bois un peu partout dans le monde) mais, comme on aime beaucoup les couleurs en Dalécarlie, on a commencé à le peindre et il est devenu un souvenir touristique incontournable. 
L’été dernier, j’ai visité Nusnäs, sa ville d’origine et naturellement le cheval y est roi ! On peut y suivre la fabrication, commander un cheval avec son nom peint dessus et ensuite passer au magasin d’usine où le cheval se décline sous toutes les formes et toutes les matières : T-shirts, plateaux, porte-clefs etc.


On trouve aussi le dalahäst en application en tissu ou en motif de broderie téléchargeable. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé parmi les « broderies russes » sur le site en question.
Une des créations les plus originales est cette « peau de dalahäst », façon peau d’ours, qui se trouve dans la galerie du dalahäst au musée régional de Falun ! A visiter absolument si vous passez par là !






Le dalahäst a aussi été imprimé sur des housses de couette– et voici comment je l’ai découpé et cousu sur une pochette pour une amie « kulla » (fille d’origine dalécarlienne).








This is not Russian embroidery (1)

As I searched “Russian embroidery” on certain sites, I found things that definitely are neither Russian nor embroideries. Here is one example, the DALAHÄST, the wooden horse from the Swedish province of Dalecarlia, which is to Sweden what the Eiffel Tower is to France! 
The dalahäst originated as a children’s toy (as many other wooden horses throughout the world) but, as  the people in Dalecarlia love colours, they began to paint it, eventually making it a compulsory  souvenir from Sweden. Last summer I visited its home town Nusnäs, where of course this horse is the chief attraction.  You can follow the manufacturing process from a block of wood to a finished object, have one specially painted for you with your name on,  and then proceed to the gift shop where you can choose from all sorts of dalahäst-themed things: T-shirts, trays, keyrings and much more.



The dalahäst also comes as a fabric appliqué or an embroidery pattern you can download. That is how it ended up as “Russian embroidery” on the site in question.





One of the most original creations is the “dalahäst hide” in the manner of a bear rug. You can see it in the dalahäst gallery at Falun Museum, which you must visit if you are in the vicinity!

The dalahäst has also been printed on  duvet covers – and the picture above shows how I cut it out and sewed it onto a treasure bag as a gift for a “kulla” (a girl from Dalecarlia).

vendredi 6 janvier 2017

Broderie « russe »

Bonne année créative à tout le monde !!!

Voici un projet mené à bien juste avant les fêtes : une jupe en tweed ornée d’un motif créé par Hélène Le Berre, présenté dans Marie-Claire Idées numéro 117  sous le thème du « Noël russe ».  La broderie a sûrement été inspirée des châles fleuris des babouchkas…. J’ai eu la grande chance de la travailler sous l’œil d’Hélène au cours de son atelier de décembre. 

Je trouve que la broderie se fait bien sur le fond des façades 1800 de Bath, une ville où j’adore me rendre pour flâner et chiner !






« Russian » embroidery


A Happy and Creative New Year to all of you!


Here is a project I finished in time for the holidays: a tweed skirt, embellished with a motif designed by Hélène Le Berre and featured in Marie-Claire Idées No 117  for their “Russian Christmas” theme. This embroidery must have been inspired by floral prints on shawls worn by baboushkas….I was lucky enough to get started on this embroidery at Hélène’s workshop last December.

I think this embroidery looks rather good against the Georgian façades of Bath, which is one of my favourite places for walking around and seeking out vintage things !




mercredi 30 novembre 2016

La saison des écureuils


Cette automne, ma prof Léa Stansal nous propose un joli kit avec un motif d’écureuil. En attendant de m’y mettre, je me suis amusée à regarder quels objets avec ce charmant animal j’avais autour de moi, pour ne pas parler de vrais écureuils juste devant ma fenêtre !












Voici donc un ancien plat à gâteaux, de production lorraine, tout comme ce gland en verre avec l’écureuil dessus. Le compotier en verre est chiné en Allemagne. Le plat en bois (à noix peut-être ?) me semble dater des années trente. L’écureuil grimpant en céramique vient d’une collection années cinquante très connue en Grande-Bretagne, « Fauna » de la marque Hornsea. Les petits écureuils en peluche sur le quilt avec les paniers viennent d’une brocante à Metz.





Mais pour trouver de nombreux objets avec des écureuils il faut se tourner vers l’Europe de l’Est. Voici quelques cartes de l’époque soviétique avec des écureuils qui font des provisions pour l’hiver ! La broderie au point de croix que j’ai montée en coussin est également d’origine russe. Et pour finir, voici un petit écureuil que j’ai essayé d’attraper en photo au merveilleux musée ethnographique d’Ukraine !
P.S. je viens aussi de terminer une pochette avec l’image d’un écureuil découpé d’un tissu anglais années quarante (tout en bas).








Squirrel time !


Here is a small squirrel that I tried to catch with my camera as I was visiting the wonderful ethnographic museum in Ukraine !


This autumn, my embroidery teacher Léa Stansal has on offer a sweet kit with a squirrel. While gathering energy for that project, I have had a look around to see what objects with that furry creature I already had, not to mention the real ones just outside my window!






So : here’s a vintage cake stand,  made in the French region of Lorraine, as is the glass acorn with a squirrel on top. The glass fruit dish is a flea market find from Germany. I think the wooden dish (for nuts, maybe?) might be from the 1930s. The climbing  squirrel is from a well-known English 1950s pottery collection, “Fauna” by Hornsea. The small  velvet squirrels on the basket quilt are from a flea market in Metz in eastern France.
However, it is in Eastern Europe that you will find lots of objects with squirrels on. Here are some postcards, dating from the Soviet era, representing squirrels storing away food for the winter! The cross-stitch embroidery  that I have made into a cushion is also of Russian origin. 

P.S. I have also just finished a small bag; the picture of a squirrel is cut out from an English 1940s children’s fabric. 



mardi 15 novembre 2016

Inspiration automnale : le sorbier

Les baies de sorbier est un motif que j’aime particulièrement en automne, ces perles rouges qui éclairent les arbres jaunissants…
J’ai chez moi cette boîte en émail de l’époque soviétique (très pratique pour le frigo) ainsi qu’une patère, également russe, qui montre une pie qui fait sécher ses provisions – champignons et baies de sorbier – pour l’hiver…





Beaucoup d’objets russes sont décorés de baies rouges, parfois cela peut être également la kalina, le viorne obier.
Cette année j’ai voulu broder des branches de sorbier sur une jupe en tweed : voici le résultat, fortement inspiré des cours pris chez Hélène Le Berre (merci, Hélène !)




Autumn inspires me: rowanberries!

Rowanberries are a motif that I have a fondness for in autumn, those pretty red beads that lit up yellowing leaves…. 
At home, I have this enamel box, very handy for the fridge, dating from Soviet times. The painted board, with a magpie drying mushrooms and rowanberries for the winter, is also of Russian origin.  Russians like to decorate objects with red berries – sometimes it can also be the kalina (Viburnum opulus).

This year I wanted to embroider rowan branches on a tweed skirt: here is the result, strongly inspired by my classes with the French designer Hélène Le Berre (merci, Hélène!)