jeudi 19 février 2015

Maître Chat

Dans la version suédoise du conte  du « Chat botté», le personnage principal porte le titre Mästerkatten i stövlar, c'est à dire « maître chat botté ». Est-ce à cause du rang qu'il obtient à la fin heureuse du conte, ou parce qu'il est maître de la situation, le plus intelligent? 
Saviez-vous que l’histoire n’est pourtant pas une création originale de Charles Perrault (1628-1703), ni des frères Grimm qui au début du 19e siècle ont publié  des contes allemands dits populaires ? Au fait, l’histoire du chat malin, qui réussit à marier son pauvre maître à une princesse, était déjà publiée en 1551 à Venise, et l’auteur s’appelait Gian Francesco Straparola.  

Voici un tissu français avec des motifs du conte, et une boîte en métal – les deux datant des années 1950. Le Chat botté est également très aimé en Europe de l’Est, et il apparaît souvent sur des cartes de vœux, comme celle-ci qui date de l’époque soviétique (1958).



































Master Cat

In the Swedish version of ‘Puss in Boots’, the main character has the title Mästerkatten i stövlar, that is ‘Master Cat in Boots’. Is it because he rises to a high rank at the happy ending of the story, or because he is the master of the situation with his sharp wit? Did you know that this story is actually not an original work by Charles Perrault (1628-1703), nor by the Grimm brothers, who at the beginning of the nineteenth century published what they called German folk tales?  The story of the cunning cat who manages to bring about the marriage of his poor master to a princess was published in Venice already in 1551, and the author’s name was Gian Francesco Straparola.

Here is a French fabric with motifs from the story, and a metal box – both dating from the 1950s. Puss in Boots is also well loved in Eastern Europe, and appears often on postcards, such as this one dating from Soviet times (1958).


lundi 19 janvier 2015

Je vous souhaite, un peu tardivement, une bonne et heureuse année créative 2015 !
A belated Happy and Creative 2015 to all!




Disparitions et résurrections

Malgré l’enthousiasme pour le textile que nous sommes très nombreux à partager, la réalité est que nous ne sommes qu’une minorité, et par conséquent, les musées spécialisés dans le textile ou encore les merceries ont souvent du mal à se maintenir.
C’est toujours triste d’apprendre la fermeture d’un musée avec de belles collections. Bien qu’il soit loin, on a peut-être toujours eu l’intention de le (re)visiter, et un jour la nouvelle tombe que c’est trop tard ! C’est ce que j’ai appris au sujet  du merveilleux musée de marquoirs, situé dans le nord de l’Allemagne. Sur ce site vous pouvez encore vous rendre compte des trésors y exposés !

Est-ce que quelqu'un saurait ce qu’est devenue leur collection ?






Le musée du patchwork britannique à York va fermer ses portes au public cet automne. Si vous avez l’occasion, visitez-le pour admirer les beaux patchworks faits de ce côté de l’Atlantique, souvent datant du XVIIIe siècle.






Et c’est tout aussi triste quand une mercerie disparaît -  un endroit de proximité ou on peut se rendre pour acheter une fermeture éclair, tâtonner des écheveaux de laine ou rassembler des fils à broder en discutant!
Il y a un certain temps, je suis entrée dans une toute petite mercerie près de la Gare de l’Est à Paris. J’ai acheté probablement une des dernières bobines (du fil à gant !) du magasin, c’était évident qu’il était sur le point de fermer.
Qu’elle était donc  ma joie quand ma fille m’a dit qu’elle avait au cours d’un salon rencontré un tricoteur très enthousiaste qui venait d’ouvrir un magasin de laine… près de la Gare de l’Est à Paris !
Eric a effectivement repris cette vieille boutique, il garde un stock de boutons et d’autres nécessités de couture mais se concentre surtout sur la laine, entre autres Triskelion qui est une superbe laine galloise ! Voici une photo de sa boutique un soir de décembre… et j’espère qu’elle sera longtemps un de ces lieux de rencontre et d’inspiration dont nous avons tant besoin ! 

Et voici son site:http://www.lestricoteursvolants.com/













Closures and reopenings

In spite of the enthusiasm for textiles that we share, the fact is that we are but a tiny minority and, consequently, textile museums and haberdashery shops often have a hard time staying alive.
It is always sad to learn about the closure of a museum with beautiful collections. Even if it is a bit far from where we live, we have perhaps always intended to (re)visit it – and one day we find out that it has shut down. That was the news I learned about the wonderful sampler museum in northern Germany. On this site you can still see the treasures therein.


Does somebody know what has happened to their collection?


This autumn, the Quilt Museum in York is going to close. If you have the opportunity, visit it and admire the wonderful British quilts there, some dated as far back as the eighteenth century.



It is always sad when a haberdashery closes – a local shop where you could go to buy a zipper, touch a skein of yarn, or assemble embroidery floss while chatting with the assistant.
Some time ago, I entered a tiny haberdashery close to the Gare de l’Est train station in Paris. I must have bought one of the last reels of thread there; it was obvious that it was closing down.

Imagine my joy when my daughter told me that she had met a very enthusiastic knitter at a yarn fair, and that he had just opened a yarn shop….close to the Gare de l’Est in Paris!
Indeed, Eric had taken over that old shop, he has kept the stock of buttons and other sewing necessities, but he concentrates first and foremost on yarn. He stocks among other brands the wonderful Welsh Triskelion yarn. Above is a picture of his shop on a dark December afternoon… and I hope it will remain one of those places for meetings and for inspiration that we need so much!
His site: http://www.lestricoteursvolants.com/


Photo sources: above-mentioned websites

mardi 2 décembre 2014

Rhapsodie hongroise no 2

Piroska - voici le nom hongrois du Petit Chaperon Rouge.  Et j'en ai trouvé à Budapest! Un tableau au petit point, avec un loup particulièrement intéressé par le gâteau dans le panier, peut-être..... Et cette belle assiette, également avec d'autres personnages des contes de fées autour.
Et comme j'adore la porcelaine (principalement des années 1930-50) avec le bord rouge, j'ai également ramené de la brocante ce vase en forme de flasque avec une jolie scène pastorale. Notez que les personnages portent le costume traditionnel hongrois!







Hungarian Rhapsody No 2

Piroska  is Hungarian for Little Red Riding Hood. And I sure did find her in Budapest. A framed petit point embroidery, where the wolf seems very interested by the cake in her basket.... And this plate, with characters from other fairy tales surrounding the main picture.
As I am very fond of china with  a red edge (dating mainly from the 1930s-1950s), I was also very happy to find this vase in the shape of a flask,  depicting a pretty pastoral scene. Note that both figures are wearing traditional Hungarian dress!

mardi 11 novembre 2014

Ma boîte à trésors « victorienne »


Voici une boîte que je viens de terminer. Elle est inspirée du livre de Léa Stansal et est en partie faite sous l’œil de cette dame. Elle me fait penser au goût victorien : velours  violet, dentelles, rubans de soie, perles… L’oiseau est un motif qu’on retrouve souvent chez Léa.

P.S. Léa exposera ses derniers modèles au Salon Création et Savoir-Faire à Paris, du 19 au 23 novembre.

















My ‘Victorian’ treasure box

Here is a box I’ve just finished. The idea is based on Lea Stansal’s book and I actually started on the box at one of her work shops.  The box makes me think of the Victorians’ taste in textiles: purple velvet, lace, silk ribbons, beads….  The bird is one of Lea’s favourite motifs.


P.S You can visit Lea’s exhibition if you come to the Crafts Fair in Paris, 19 to 23 November.









samedi 1 novembre 2014

Rhapsodie hongroise no 1

Un petit weekend à Budapest, et voici quelques textiles anciens que j'ai rapportés de la brocante et du magasin d'artisanat populaire.
Le panneau mural en point de tige suit une mode de la première moitié du XXe siècle, répandue dans toute l'Europe centrale et septentrionale. Le texte veut dire: "Quelque part dans un petit village, les pivoines ne fleurissent plus". Un chagrin d'amour,sans doute...
La broderie avec les grosses fleurs s'appelle Matyo.  Le morceau rayé est un tablier en laine, appartenant à un costume régional. La broderie au point de croix  est un torchon ou chemin de table en lin. Et la broderie rouge est l'un de maints exemples de magnifiques coussins décoratifs qu'on trouve dans ce pays.

Merci à ma collégue Csilla pour la traduction!


Hungarian Rhapsody No. 1

A short weekend in Budapest yielded these vintage textiles, found at a flea market and in a shop selling folk art.
The wall hanging (stem stitch in blue) is in line with a trend during the first half of the twentieth century in all of  Central and Northern Europe. The text means: "Somewhere in a little village, the peonies are no longer in bloom". A sad love story, perhaps?
The embroidery with the large flowers is called Matyo. The striped piece is a woollen apron belonging to a regional costume. The piece with the cross stitch is a linen towel or runner. And the red embroidery is one of many examples of magnificent cushions that you may find in Hungary.


Thank you, my colleague Csilla, for the translation!




vendredi 26 septembre 2014

Pensées de printemps, pensées d’automne

Pendant sa première décennie d’activité (à partir de la fin des années 1980) l’entreprise anglaise de laines Rowan proposait des modèles de tricot fort coloriés, pour la réalisation desquels il fallait au moins une vingtaine de pelotes différentes…. et beaucoup de temps ! C’était l’époque des stylistes comme Kaffe Fassett, Jamie et Jessie Seaton ou Jean Moss. Moi, je craquais surtout pour les modèles fleuris de Susan Duckworth. J’ai réalisé son modèle « Pensées » en coton, et je l’ai porté chaque été depuis 1994. Il y a quelques années, j’ai participé à un stage avec cette styliste et naturellement, je lui ai montré  ma veste !

J’ai voulu  refaire ce modèle en laine fine et couleurs plus doux, pour l’automne. Cette année  il est enfin prêt, pour sortir dans le soleil de septembre !

















Spring pansies, autumn pansies

The English yarn company Rowan was started in the late 1980s and during the first ten years it specialised in publishing knitting patterns that necessitated at least twenty different colours and lots of time ! That was the era of such designers as Kaffe Fassett, Jamie and Jessie Seaton and Jean Moss.  I was especially fond of Susan Duckworth’s floral designs. I knitted her 'Pansies' pattern in cotton and I have worn it every summer since 1994. A few years ago I attended a workshop with Susan and naturally, I showed her my jacket!

I wanted to knit another jacket in the same pattern, for autumn, in fine wool and softer colours. This year it is finished, at last, ready to go out into the September sunlight!





Reference: Susan Duckworth: Knitting.1988. Century Hutchinson.

mercredi 13 août 2014

Deux filles et un triste anniversaire

Voici  un  chemin de table  (ou un panneau mural) sur lequel je suis tombée dans une brocante; il était tellement froissé et sale que je voyais à peine les motifs. Une fois  lavé et repassé, il est devenu clair qu’il représente  l’allégorie de la Lorraine et de l’Alsace – deux filles  en coiffes caractéristiques de ces provinces  ainsi que des symboles et les couleurs de la France.  On peut dater  de tels ouvrages  entre 1871 et 1914, quand, suite à la guerre franco-prussienne, l’Alsace et  une partie de la Lorraine ont été annexées  par l’Allemagne. Par ces simples broderies, les jeunes filles françaises apprenaient à exprimer leur deuil des provinces perdues. Ces ouvrages devenaient en effet un puissant outil de propagande. N’oublions pas que la France voyait dans le conflit naissant en 1914 l’occasion de récupérer ces territoires, et le soutien populaire pour l’entrée en guerre était énorme.  
Voici un sujet à réflexion, pendant que nous commémorons, cet été, le 100e anniversaire de la Première Guerre mondiale, ce « suicide collectif de l’Europe », comme l’a récemment exprimé  un député du Parlement Européen.

En bas, un deuxième panneau avec le même sujet, cette fois on voit mieux les coiffes, ainsi que les motifs typiques : la vigne, les bleuets et les coquelicots.







Two girls and a sad anniversary

Here is a table runner (or a wall hanging) I found in a distressed state at the flea market. When I had washed and ironed it, I saw that it represented the allegory of the French provinces of Lorraine and Alsace – two girls in characteristic bonnets from those provinces, as well as certain symbols and the French colours. Such embroideries can de dated to the years 1871 to 1914, when, following the French-Prussian War, Alsace and part of Lorraine became German territories. Through such simple embroideries, young French girls learnt to express their sorrow over the lost provinces. In this way, these pieces of needlework became powerful propaganda tools. As the international conflict drew nearer in 1914, France saw a chance of recovering the lost regions, and there was enormous popular support in favour of the war.  
This is something to reflect upon, as we this summer commemorate the centenary of the outbreak of World War One; that ‘collective European suicide’, as one Member of the European Parliament recently put it.


The second picture represents another wall hanging with the same subject matter. This time you can see the bonnets more clearly, as well as the typical motifs of grapes, cornflowers and poppies.